ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAULNIERES
Saulnières vient de "saulniers" (marchands de sel).
En 1068, la paroisse de Saulnières (Villa Salnieriensis) relève du seigneur de Châteaugiron, qui donne le quart des dîmes et du terrage à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, où sa fille est religieuse. Une voie gallo-romaine, liée au trafic du sel et appelée "chemin des Saulniers" dès 1068, se situe près du bourg.
Les seigneurs de Châteaugiron et de Poligné se partagent les mouvances de la paroisse de Saulnières. Saulnières perd une partie de son territoire avec l'érection de la trève de La Bosse en paroisse succursale en 1826.
Vers 1068, la fille de Giron (fils d'Ansquetil), seigneur de Châteaugiron, entre à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, sous le gouvernement de l'abbesse Hodierne de Dinan. A cette occasion, le puissant baron de Châteaugiron, conduisant lui-même sa fille au monastère de Saint-Georges, dépose sur l'autel de l'église abbatiale une lettre de donation faite en faveur du couvent et accompagnée, selon l'usage de ce temps-là, d'un couteau, signe d'investiture. Par cette lettre, Giron s'engage à prendre envers et contre tous la défense des intérêts temporels de Saint-Georges et donne en toute propriété à ce monastère des dîmes, un droit de terrage ou champart, et, enfin, une maison, le tout sis à Saulnières "Quartam partem decime Salneriarum liberam sine calumpnia, necnon etiam quartam terragenarii partem et quamdam domum in Salneriensi villa positam jure quasi hereditatis sine fine possidendam" (Cartulaire de l'Abbaye Saint-Georges, 139). Dans sa charte, le donateur ajoute que l'abbesse ou quelques-unes de ses religieuses, passant par le bourg de Saulnières, "per Salneriensem villam transgrediens", ce qui leur arrive souvent, "quod soepe contingere solet", pourront dès lors, s'il leur plait, y descendre pour prendre quelques repos. Un siècle plus tard, du temps d'Herbert, évêque de Rennes de 1184 à 1198, Geffroy de Cesson fait une donation aux religieux de l'abbaye de Savigny. En même temps, le saint évêque de Rennes met d'accord ces moines avec plusieurs autres seigneurs des environs de Rennes qui leurs contestent certains droits. De tous ces actes sont témoins Jean, doyen de Châteaugiron, Guillaume de Montgermont et Bertrand, prêtre de Saulnières, "Bertrando Salneri presbytero" (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 722). Enfin, en 1240, lorsque Geffroy de Pouencé, seigneur de la Guerche, donne sa fille Thomasse de Pouencé en mariage à André, baron de Vitré, il lui constitue sa dot en terres et droits, comprenant, parmi beaucoup d'autres biens, tout ce qu'il possède dans le bourg et la paroisse de Saulnières, "in burgo et parrochia de Sauneriis" (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 917). Aux XVIIIème siècle, les Bénédictines de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes ne possèdent plus rien en Saulnières. Le recteur, Guillaume Peigné, déclare en effet, le 12 juin 1783, jouir des dîmes de cette paroisse, "tant du costé de Saulnières que de celui de la Boce", et il évalue leur revenu à 2 500 livres. Il a, en plus, son presbytère, avec ses jardins, vignes, avenues, chênaie, prairies et vivier, le tout estimé environ 100 livres de rente. Son revenu brut est donc de 2 600 livres au moins, dont il faut toutefois déduire les charges (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Comme l'on voit, le presbytère de Saulnières était par ses dépendances un vrai petit manoir. C'était peut-être, en effet, une portion de l'ancienne seigneurie du Plessix-Bonenfant, car par acte du 25 octobre 1681, Christophe de Rosnyvinen, seigneur de Piré, vendit à Noël Gaultier, recteur de Saulnières, les maisons, métairies, moulins et fiefs du Plessix-Bonenfant, sis en Saulnières (Archives départementale d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). Toujours est-il que ce presbytère relevait de la baronnie de Poligné, à laquelle rendit aveu le recteur Jean de Mareil en 1768 (Pouillé de Rennes).
Le bailliage de Poligné à Saulnières, mentionné dans la déclaration du seigneur de Poligné faite au roi en 1541, rapporte à ce seigneur en 1759, "en argent, 8 livres 14 sols et 2 deniers, en avoine 197 boisseaux, mesure saulneraise, à 33 sols le boisseau, faisant 308 livres 11 sols et 22 poules à 5 sols valant 5 livres 10 sol" (Archives départementales de Loire-Inférieure). Vers 1735, Mme la comtesse de Mornay, dame supérieure de la paroisse de Saulnières, possède la moitié de ladite paroisse en proche ou arrière-fiefs, qui dépendent de ses terres de Bain et de Poligné. M. le président de Châteaugiron (Jacques Le Prestre de Lezonnet, président au Parlement de Bretagne) possède à peu près l'autre moitié en proche ou arrières-fiefs qui dépendent de sa terre de Châteaugiron (Etat des revenus de la noblesse vers 1735).
La paroisse de Saulnières qui dépendait de l'ancien évêché de Rennes, existait au moins au milieu du XIIIème siècle. Elle était divisée en quatre traits appelés : le Bourg, la Ballue, la Bosse et la Haute-Bosse. Elle renfermait jadis la trève de la Bosse, érigée en succursale en 1803 d'abord, puis de nouveau en 1826. Parmi les plus anciens recteurs connus de Saulnières, on trouve Bertrand (XIIème siècle) et J.. Mauny qui donne en 1465 aux hôpitaux de Rennes une maison qu'il possède à Rennes dans la rue Saint-Georges. La fabrique de Saulnières possède encore un registre de Comptes des trésoriers rendus à Yves Mahyeuc, évêque de Rennes, et commençant à l'année 1526.
On rencontre les appellations suivantes : Salneriœ (en 1068), parochia de Sauneriis (en 1240), ecclesia de Salneriis (en 1516).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saulnières : J... Mauny (il donna en 1465 aux hôpitaux de Rennes une maison sise en cette ville, rue Saint-Georges). François Le Bouc (en 1567). Jean Le Songeux (en 1619 ; décédé le 10 août 1637 et inhumé dans l'église, proche de l'autel Saint-Louis). Alain Laurent (pourvu en août 1637, il prit possession le 20 septembre). Geffroy du Gravier (en 1647 ; décédé vers 1662). Dominique La Lacade (aumônier de Mgr Barberini, camerlingue de la Sainte Eglise, demeurant à Rome, pourvu par Sa Sainteté, prit possession par procuration le 29 avril 1662). Jean Roland (en 1665). Noël Gaultier (bachelier en Sorbonne, en 1669, il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'argent à une fasce de gueules chargée de trois croissants d'or ; décédé en 1701). Alain Blandin (prêtre de Pancé, pourvu le 28 septembre 1701, résigna en faveur du suivant, se réservant 400 livres de pension et son logement au presbytère, ce qu'approuva l'évêque le 10 septembre 1727). Jean-André de Mareil (prêtre du diocèse, pourvu en 1727, il résigna en 1768). Jean-Baptiste Beslard (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 27 mai 1768 ; décédé le 4 janvier 1783). Guillaume-Jean Peigné (pourvu le 10 juin 1783, il gouverna jusqu'à la Révolution. Il devint en 1803 curé de Bécherel). Philippe-Laurent Berthelot (en 1803). Pierre-Marie-Vincent Le Corre (1804, décédé en 1811). Joseph Taupin (1812, décédé en 1817). Joseph Clouet (1818-1827). Mathurin Gendrot (1828, décédé en 1842). Joseph Ménard (1842-1847). N... Lavocat (1847-1853). Julien Drapier (1853-1875). Edouard Bardoul (1875-1883). François Datin (à partir de 1883), .....